L'ASN ne voit pas de raison de fermer la centrale de Fessenheim

13/11/2008 - La centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille du parc nucléaire français, ne sera probablement pas mise à l'arrêt à l'issue de la visite décennale qui aura lieu en 2009, a déclaré jeudi André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). "Il n'y aucune raison d'imaginer qu'il faut fermer Fessenheim", a déclaré Lacoste lors d'une conférence de presse sur le démantelement des installations nucléaires françaises. En 2009, l'organisme de contrôle des activités nucléaires civiles réalisera sa troisième révision décennale afin de déterminer si la centrale peut continuer d'être exploitée dix années supplémentaires. "Au terme de cette procédure, nous prendrons parti (...), on peut imaginer une position où nous dirions que Fessenheim ne doit plus continuer de fonctionner, mais cela parait très improbable", a encore dit Lacoste. Les opposants au nucléaire demandent depuis des années la fermeture des deux réacteurs de 900 mégawatts de la centrale de Fessenheim mis en service en 1977.

 


 

L'Alsace, 15/11/2008: 

Encore 20 ans avant la « retraite »
pour la centrale de Fessenheim ?

Il est « très improbable » que la centrale de Fessenheim soit mise à l'arrêt suite à l'inspection décennale prévue en 2009, estime le président de l'Autorité de sûreté nucléaire.

Cette inspection complète, la troisième que doit subir la plus ancienne centrale du parc nucléaire français mise en service en 1977, interviendra en automne 2009 pour le réacteur n° 1 et en 2010 pour le réacteur n° 2. Elle peut aboutir à différentes conclusions sur lesquelles André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a déclaré qu'il ne voulait pas « anticiper ». Instance indépendante d'EDF, l'ASN est en quelque sorte le « gendarme » du nucléaire civil.

Trois hypothèses

Une hypothèse est que « Fessenheim continue à fonctionner encore dix ans » et que soit dressée la liste « des questions qui seraient à traiter en priorité si Fessenheim devait continuer à fonctionner 20 ans », a détaillé le président de l'ASN, jeudi à Paris, au cours d'une conférence de presse. Une autre hypothèse est que la centrale, dont des antinucléaires français, allemands et suisses, réclament la fermeture à cause des risques sismiques, d'inondation et d'une série d'incidents, « continue encore à fonctionner quelques années, moins de 10 ans », a-t-il ajouté. « On peut aussi imaginer que Fessenheim ne puisse plus continuer à fonctionner. Ça me paraît très improbable. Ce n'est pas vraiment l'hypothèse que j'imagine », a-t-il encore dit. Les antinucléaires ont annoncé fin octobre qu'ils allaient saisir le Conseil d'Etat après le rejet par le ministère de l'Ecologie d'un recours demandant l'arrêt définitif de Fessenheim. EDF signale de son côté que des centrales nucléaires américaines utilisant la même technologie (à eau pressurisée) ont obtenu des autorisations de poursuite d'exploitation portant leur durée de vie à 50 ans. Après avoir longtemps fixé la durée de vie probable des centrales françaises à 40 ans, EDF semble désormais envisager sérieusement une rallonge de dix ans.

Le réacteur n°1 à l'arrêt depuis trois mois

La centrale de Fessenheim a annoncé jeudi avoir obtenu de l'Autorité de sûreté nucléaire l'autorisation de divergence pour le réacteur n°1 à l'arrêt depuis le 9 août. Cette autorisation est délivrée sous réserve que l'ensemble des contrôles et opérations de maintenance soit satisfaisant. En principe, l'unité de production n°1 devrait à nouveau être couplée au réseau dans les prochains jours. Elle avait fait l'objet d'un arrêt programmé pour le changement d'un tiers de l'uranium qui intervient tous les 14 mois. Cet arrêt combustible, qui dure en principe de trois à six semaines, a été prolongé pour réaliser différents travaux de maintenance. Le réacteur n° 2 a fait l'objet, de son côté, de deux arrêts fortuits (du 18 février au 22 avril, puis du 4 juillet au 3 août) en raison d'un problème technique.


Observatoire du nucléaire